mardi, 12 août 2008

Moscou barbote en Caspienne

Sur mon quadupède.JPGMoscou barbote dans la mer Caspienne,
L’occident pêche en mer noire…

Sur mon cheval je galop, bravant les bosses du chemin serpenté. Tel un arpenteur je mesure, à coup de talon, les dénivelés et les rondeurs du territoire traversé. J’aurais tant voulu porter en bandoulière une mandoline napolitaine. Mes mélopées auraient transportés le parfum de la méditerranée et les rondes latines m’auraient offertes volupté.
Je laisse le banjo au chapoté d’en face… Je n’ai que faire du steak et des puits aux noirceurs énergétiques fossilisées, les ranchs ont des écharpes sur la rampe d’accès.
Pour tout bagage, une bourache gesticule sur mon épaule. Je transporte un peu d’ivresse… Ce sont des minéraux aimantés en une masse fluide et pouvant s’échapper à tout instant. Précieuse gracieuse que j’embrasse lors d’une pose sous les ombres des résineux, bien plus vieux que le village d’en bas…

Ce hameau qui derrière moi ne peut me retenir. Ses quartiers ont tordu les lanternes, fermant leurs paupières en bois, ils dorment sous les flammes des chenilles. Des rêves se déguisent à jamais en cauchemars. Ce matin, le marronnier est tombé, ses racines, comme une crinière enchaînée, dessèchent sur la voie publique. Ses branches ivres d’obus se répandent sur la place aux gravillons, soulevant leur jupe verte pour un dernier vice. La sève, dans la rigole des ruelles, ruisselle en quittant l’individu au bois tendre. Au carrefour elle se teinte de rougeur, timide existante.
L’animal procure une apaisante situation. Il bondit sur le versant quittant la fournaise. La piste pierreuse de mon enfance se fendille sous les bottes.
« Oh doux village qu’on t-il fait ? Violant les mères et les filles… Percutant les hommes ! Oh douceur suave de mon Asie occidental que font t-ils de tes chimères ? Que font-ils ? » J’ai beau hurler à tout va, seul l’écho de mon timbre me revient !
Je me retourne une dernière fois et la mer noire me revoie le reflet de son chagrin… De l’autre côté du versant la mer Caspienne retient, pour un court instant, l’orage de la Volga.
« Tbilish, perché à plus de cinq mille six cents mètres, tremble. Leurs foyers grelottent apercevant les flammèches dans la nuit. Celles-ci annoncent la venue des braises d’un ex compagnon.

Compagnon quadrupèdes de toujours tu m’emportes vers l’indifférence, sur d’autres rives, bordées de rocs aux mousses tempétueuses. Des landes m’y attendent remuant leurs genets. Ces derniers dispersent leurs taxons sur la cyprière aux veines sableuses.
Je frémis, bondissant de rondin en rondin, la dune m’attend au couchant. Drapé d’écumes sa literie réchauffera mon corps concassé. Les chars de Moscou ne peuvent atteindre les soies de ma promise. Cette galante brode des décors fantastiques.
« Oh douce nymphe prend moi en tes bras, étreint mon ombre. Que meurt ainsi mes cauchemars guerriers ».

Bien à vous

Plip – Gouttereau

Écrire un commentaire