jeudi, 07 août 2008
Qu'il est difficile
Âpre carapace aux belles eaux saumâtres,
Roide matinale au béret épineux,
Dodinant ton corps, dans la glaise crevassée,
Tu épis l’âtre embrasant le résineux…
Le dos brisé, allongé sans vie, sous l’ombre,
De ton torse craquant sous les coups de l’astre,
Une enfance sautille, les vers dénudés.
- Qu’il est difficile de suivre les matinaux !!? Ils ont tous un front sec, dépourvu des marques du polochon plumeux. Leur évier de cuisine reste vide et les reflets de javels en suspends, réduisent le bien fait d’un noir café ou d’un lait chocolaté… Dans la pièce d’eau, l’eau de Cologne à fait son œuvre, un dentifrice absent et une brosse à dents perdue dans un godet en plastique… Les matinaux ont une emprise sur le peigne mais ne peuvent domestiquer le gant, ni la serpillère, ils se hâtent de rejoindre le seuil. L’édition peut commencer !!?
Qu’il est difficile de cheminer à leur côté !!? Ils pénètrent la contrée sans prendre soin de retirer leur botte. Des marques de caoutchouc au matin lavé sur la glaise du sentier. Je clopine d’un ridicule… Mes genoux craquettent, je me traîne le souffle dans mes poches percées… le retardataire à toujours des fouilles en vadrouilles, une écharpe en bandoulière, c’est un élu du cocasse !!?
- Qu’il est difficile de porter le sac et le canif pour un tel voyage ! Je vais comme mes semblables, vers les cimes inexplorés. La brume emprisonne chaque élément végétatif, s’arrêtant par moment sur les dentelles des araignées soigneuses, et offrant un dernier espoir, abreuve les insectes retenus sur la soie étirée des galantes bestioles aux multiples pattes. Ces dernières avancent vers la pitance, dans un très proche, elles vont sucer les proies, vidant celles-ci de leur vie intérieure, laissant une enveloppe vide, sans le moindre mot, sans le moindre sursaut… qu’il est difficile de finir sa vie sur la toile du matin !!?
- Qu’il est difficile d’oublier la chaleur de la braise de la nuit !!? Les plies des draps, des stigmates d’une nuit où le rêve colonisent l’épiderme et y sème des souvenirs. Oubliant les matinaux je saute les pieds joints dans ce songe fabuleux… Oh combien agréable, combien propice aux mélopées de l’accordéon ; la nuit, le violon, la harpe s’endorment laissant dans la fosse de l’orchestre un piano à hampe. Valsent ainsi les voluptés.
- Qu’il est difficile d’éteindre la nuit, puis, suivant les matinaux, s’éloigner du chemin retournant… De la pointe du canif je grave sur ma peau le trajet d’une certaine revenante… L’ouest me fatigue, il frime sur les plages fleuries de parasols en tous genres… Derrière l’improbable avenir, il me sera moins difficile de retrouver l’ombre de sa chevelure. D’une rotation du bassin je verse mes dernières forces.
Bien à vous
Plip - gouttereau
01:49 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Écrire un commentaire