samedi, 02 août 2008

Imaginer un désir !

fourmie.JPGUne nuit un homme franchi la haie, ouvre habilement une lucarne et rejoint une chambre… Une femme dort ! Sous les draps elle est nue. Que peut bien imaginer l’homme ?
C’est une nuit simple, monotone et dérisoire.

o Dans le fourré, surviennent des pas !
Dans le fourré libre de toutes tailles, quand tout est décoloré, lorsque cette antichambre à moineaux rechute, entraînant dans ses fonds des envolées gracieuses d’une sève élaborée, luttant à contre sens de la brute robustesse revenant de son voyage sous terrain, surviennent des pas…
o Un individu froissait la broussaille épineuse !
Un individu aux ombres obséquieuses, ambulant dans un quarante deux en cuir et à talonnettes ferrées, traversait la parure des végétaux enchevêtrés et somnolant sous les caresses d’une lune au quartier premier. Cet homme, examinant le malin chemin de branchages emmêlés, froissait la broussaille épineuse.
o Ses mouvements semèrent une brume cagoulée !
Ses mouvements, aux amples précisions et aux amplitudes régulièrement circulaires, semèrent le trouble dans l’écosystème. Pourtant les gestes étaient amicaux voir retenus par une profondeur respectueuse au fond cultivé. Un léger froissement accompagnait sa traversé floristique, quelques insectes diptères communément désignés par - moustique affable démangeant - tournoyaient au dessus de sa tête masqué d’un lainage noir, ne laissant apparaître qu’un regard bleuit. Une brume s’échappait de ses poumons et franchissait les mailles serrées de sa cagoule. Impossible de donner une image nette à cet être…
« la nuit tous les ? »
« Non pas une aussi simple image !!? » L’homme était simplement dissimulé derrière le mystère pour éveiller un prétexte…
o La zone plane aux failles éphémères !
La zone sans bosse, néanmoins couverte de vergetures de tailles biscornues possédait une plénitude déconcertante. Elle séparait une demeure endormie de la muraille végétale, où des individus herborisèrent des caducs de type Syriacus et des persistants aux baies toxiques. Cette plaine, aux plaies causées par le tranchant astre, fut parcourue dans un silence total… Pas un insecte, pas un papillon, pas une abeille ne vint distraire le visiteur.
o A la pénombre façonnée, les failles traversaient le décor !
A la pénombre venue les petites créatures rejoignaient leur repère… Cela venait de si loin ! Inscrit dans leur métabolisme… Les invertébrés articulés, respirant par des trachées et dont leur corps enveloppé dans un tégument chitineux composé de trois parties, pionçaient dans leur insectarium façonné par des ouvrières en chevilles avec les cadres dirigeants de la micro société provisoire. Les menacent grattèrent, reniflèrent, épièrent espérant un sursaut de courage pour les miséreux cloportes et autres carapaces. Les menaçants, grands prédateurs aux dos épineux où bien rampant dans les failles du jardin étaient à l’affut ! Mais invisible pour l’homme traversant le décor.
o Au rond point de la roseraie fuguait l’œillet !
Au rond point de la roseraie, - le gabardinier – jardinant à ses moments d’isolement, stoppa sa progression puis pliant genoux et chevilles, s’accroupit, devenant quadrupède puis – monopède - en s’allongeant sur le sol ridé d’un bon mois de sécheresse. Le site ne lui était pas inconnu… A maintes reprises il avait côtoyé la verdissante pelouse pourtant en cette heure de la nuit fuguait l’œillet ! Offrant ainsi à l’ornement une profonde composition méconnaissable. Le bonhomme eut du mal à s’extraire de cette absence et à reprendre ses mouvements.
o Bientôt le chevet et sa pendule !
Bientôt le chevet vibrera du tintamarre de la ronde monotone et dérisoire, percuté par l’instant présent ses boiseries craqueront des mouvements du levé… « Bientôt » disparaitra laissant place nette à « en ce moment » puis viendra un certain « après »… Après avoir absorbé l’énergie de l’instantané actuel, la période manœuvrera les fils des protagonistes fragiles. Une tierce de passe temps ! Cent vingt degrés de mouvements temporaires. L’expéditeur, - monopède -, cagoulé, - gabardinier -, couché sur le sol à l’extérieur progressait vers la lucarne. Un mouvement plus loin il entrait dans le foyer au son de la pendule.
o D’un tic et d’un tac vers l’étendue !
D’un tic adroit, son premier pied prit possession du sol carrelé, enregistrant une assisse fiable alors d’un tac, il élança sa deuxième jambe, pas si gauche que cela et son pied posé sur le sol devint un tic pour permettre au tic précédent de devenir un tac prochain… Ainsi de suite ! Contournant un panier à linges sales, pivotant sur la droite, glissant ainsi jusqu’à l’étendue…
o Sur le lit elle dormait sans noirceur !
Sur le lit, elle dormait paisiblement. Son corps nu se dévoilait sans retenu, posé sur les draps d’un cotonneux motif. Ses courbes s’offraient au visiteur, couché sur le flanc, un dos précisément parfait, des fesses, des cuisses, des mollets des talons et une chevelure, un ensemble parfaitement harmonisé. Devant cette étendue, l’homme se déshabilla sans bruit puis se glissa sur le lit, ses mains allant à la rencontre de cette chaire féminine. En chemin ses membres se perdirent dans la noirceur !

retour de zingue.JPG

o L’homme s’endormit !
Qu’il est bon de revenir chez soi après tant de temps passé à écumer le zingue ! Qu’il est bon après une beuverie chez Marcel de revenir à coté de son étendue…

Bien à vous

Plip

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