dimanche, 20 juillet 2008

Des barrières libertines

Chemin interdit.JPGIl faut franchir le portail, traverser le ponton, puis d’un bond plonger… L’Oulipien que je veux devenir vous propose un moment de liberté… Piochons dans les citations découpons, transformons et offrons… Lorsque « LOCURIME » mordille sa queue, mieux faut nourrir le paon…

Rien ne sert de courir il faut partir à point ! Devient : Rien ne sert de fleurir, il faut mûrir à point.


Rien
 ! Pas un chemin en pleurs n’éteint les flammes du condamné.
Ne pas oublier de pétrir la pâte évite de saluer son ennemi.
Sert
 ! La servitude est une habitude qui déroute la brute….
De trop de pain, le ventre éclate… De trop d’absence s’effrite la raison…
Fleurir en décembre à bien plus de valeur que la semence du printemps…
Il court sur les ailes du temps, attrapant la tristesse solitaire.
Faut une paire de chausse en corde pour le pendu.
Mûrir en avril fait sonner le tocsin dés juin..
A demain pour aider son voisin.
Point de fin, la terminaison est une menace coutumière…


Sommes-nous obligés de transformer la réalité ? D'entretenir en nous un brin de folie...
La fontaine alpine déborde et de petites flaques prennent possession des failles, des entailles, des versants... Des rides aux reflets vermeilles apparaissent sur le visage de la montagne. Dans la vallée le tintamarre des bovins annoncent de prochains festins. L'alpage verdoyant frissonne par la froidure d’un acte : l’effacement de leur présence dans ce décor imagé.
Sur une pente, surplombant le filin de terre, ce cordon qui me permettra de joindre l'autre versant, des toiles de tentes baillent. Les fermetures s'amusent... Des craintes d'enfants surgissent du ventre des canadiennes. Ce sont des citadins perdus dans la chaîne rocheuse... Guide ? On me souhaite guide !!? Non.
Cela me parait insupportable... Je possède bon nombre de folies mais pas celle de montrer la direction... Moi même étant en perdition ! Je me souviens de cette citation : "Aucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire" Lafontaine n'est-ce pas ? Dans mon cerveau s'emmêlent les fils grammaticaux ; un torticolis linguistique me revient en écho " Aucun chemin de pleurs ne peut éteindre les flammes de la réalité".
Je poursuis mon ascension, le souffle lourd, le dos courbé. Le vertigineux sommet m’effraye malgré cela je sillonne la pente bientôt rejoint par la solitude et ses phrases silencieuses. La végétation verdoyante s’est progressivement estompée laissant apparaitre la peau rude de la roche. Les arbres ont disparu voici plus d’une heure, deux trois champignons cherchant ombre domicilient entre deux blocs. Quelques mousses colorisent le dessin. En cet instant je comprends le fragment de l’œuvre de Lafontaine « Aimez, aimez, tout le reste n’est rien ». Sacré personnage ce Lafontaine. Perché sur cette altitude et cherchant un peu d’oxygène je m’amuse, énonçant une folle transformation « Ensemencez, ensemencez, frêle homme, votre vie n’est rien »… Je regarde le pic que je vais prochainement arrondir de ma gomme de randonneur puis sur les ailes du moment ma solitude s’envole…
« A table  mon ami… à table ». Ce sont toujours nos bons  sentiments qui nous font faire de vilaines choses. Je pose mon crayon HB et rejoins la cuisine. Ma femme et mes enfants sont là… Autour du potage. C’est promis demain je cherche un nouveau métier.
Une montagne ?
Une vallée ?
un dessin avant de peindre...
Regardons nos pieds...
Peu de choses nous sépare !
"Rien de sert de fleurir, il faut mûrir à point...
 
 
 
Bien à vous
Plip 

Commentaires

j'aime beaucoup ce que vous faites

Ecrit par : bioche | jeudi, 24 juillet 2008

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