samedi, 25 octobre 2008

Avant Propos

Sans image, les mots pleuvent

  • Pourquoi une telle démarche ?
    • Il est fondamentalement justifié de répondre à cette question ! En effet il incombe à ma personne d’entreprendre ce loisir intellectuel. Si je suis en mesure de répondre à cette interrogation tout en éprouvant une certaine satisfaction je pourrais alors en déduire une probable utilité. Elément énergétique dans toute démarche d’écriture. Le facteur déclenchant, outre l’interrupteur sociétal, familial, sentimental réside dans la relation entre chaque mot composant le questionnement : « pourquoi une telle démarche ? » Quatre mots possédant trois liaisons. C’est dans les interstices vibrants qu’est logée la réponse. L’impalpable raison fondatrice d’avant propos…
  • Pourquoi une telle démarche ?
    • Pour justifier l’errance du raisonnement… De nouveau ce mot ‘’Errance’’ ! Ce terme venant sans cesse de nulle part, dans la noirceur de l’ignorance où dans les lueurs d’une poésie maîtrisée. Je dois répondre à cette seconde question :
  • Pourquoi justifier l’errance du raisonnement ?
    • Pour apporter une cohérence à la fondation littéraire… Prenant acte de cette réponse, je m’aperçois de l’inconcevable : La cohérence peut-elle justifier l’errance ? Ces deux termes ne sont-ils pas opposés ? L’un évoquant une organisation harmonique tandis que l’autre virevolte sans but, sans destination, sans origine… Il me faut compléter ce raisonnement :
  • Pourquoi apporter une cohérence à la fondation littéraire ?
    • Pour inviter un éventuel lecteur… Donc il faut penser pour plusieurs éléments ? Un seul ne suffit plus. Une nouvelle difficulté consiste à inviter l’errance à trouver sa cohérence pour un élément ! De mono réflexion me voici devant un duo d’idées, un couple devant trouver l’harmonie pour s’extraire de l’instant… Donc je conçois de poursuivre le développement en répondant à :
  • Pourquoi inviter un éventuel lecteur ?
    • Pour permettre à mon intérieur de descendre du grenier… Me voici de nouveau en altitude et de plus dans la poussière jaunie du temps filant ! Et si tout était question d’enfance ou d’empilement ? Serait-ce futile de prendre en considération les évènements intérieur ? D’ignorer le point d’ancrage ne serait-ce pas la façade facile du refuge ? Ou la dernière surface que palpe le condamné avant de recevoir sa dose de projectiles d’acier ? Il est une évidence rejoindre une autre dalle :
  • Pourquoi permettre à mon intérieur de descendre du grenier ?
    • Pour libérer la certitude d’exister… J’avoue, après un bon nombre de pensées, d’écrits, de réflexions, de simulacres, de mentionner dans cette réponse, la cinquième de la démarche. C’est l’élément final dans l’élaboration d’un accord. En effet le cinquième degré d’une gamme n’est-il pas une extrémité permettant aux multiples évènements harmoniques de courir sur la portée ?
  • Conclusion :
    • Après cette averse de lexiques j’arrive à définir la raison d’une telle démarche : « Libérer la certitude d’exister ». Le moment est éphémère et s’approche d’un dénouement mesurable… Avant le regret du dernier souffle, avant l’impact de la balle, avant le festin des assemblages moléculaires, j’acte de mon existence. A la face de la société j’hurle mon nom, mon prénom. Sur le sable et malgré l’incessante marée j’inscris mes initiales. Le temps me permet ce loisir alors je profite des embruns volages et j’inhale les voyages des reflets prisonniers des eaux salines. Douce conclusion d’avant propos. J’imagine déjà les tourismes tournant autour du dessin qui est mien…

Bien à vous
Plip Gouttereau

vendredi, 03 octobre 2008

Un réceptacle pour Plip

plip dans réceptacle.JPG

Plus convenable qu'une cuillère, plus vénérable qu'un minéral, plus cordial qu'une lamelle éphémère, plus précieux qu'un étendu à l'étale... Fragile réceptacle vert.

 

J’avais beau être entouré d’une multitude de points, tous autant aboutis qu’une bille, sphériquement parfaite, j’attendais un mouvement, les bras ballants, dans un vague souvenir, je restais immobile, n’osant provoquer. Je me sentais solitairement inutile. J’avais cette crainte d‘être l’extrémité d’un évènement… Certes la chose était aisée mais elle ne me convenait pas. Je ne pouvais devenir ce point d’ancrage ! Ce trou dans le néant… Nulle fantaisie en cette apparence. Je savais qu’un évènement se déployait, ce déploie et se déploiera alors que l’ancrage restait, reste et restera à jamais figé ! Regardant autour de moi, le mouvement s’entendait, de plus en plus proche, de plus en plus roulant.

Mon ambition de toujours : devenir un élément mobil, un entre deux. Ma réflexion m’emportait aux frontières de cette extrémité. Elle observait sa jumelle s’éloigner sans pouvoir suivre le mouvement, plus la seconde prenait de l’éloignement plus l’entre deux se comblait d’évènements, de mouvements, de prétextes… Je pouvais dénombrer la population d’un entre deux pour me rendre compte de l’erreur d’un ancrage solidement figé. Alors devenir un entre deux équivalait à participer à la chose vibrante, la mouvance, l’attirance.

Chaque élément participant à encombrer un entre deux était son propre évènement tandis que les extrémités ne servaient qu’à limiter l’action. Je voulais devenir un évènement malgré les risques. En effet l’un des pièges significatif consistait à s’enfermer dans son évènement, restreignant la chose en un environnement pétrifié. Alors je pouvais devenir malgré moi une extrémité, un point d’ancrage ou un point directionnel.

Le centre d’une bille n’est qu’une extrémité directionnelle pouvant devenir un point d’ancrage. Je voyais son égoïsme se refléter sur la surface sphérique de l’évènementiel. Je souhaitais ouvrir mon évènement afin qu’il devienne environnemental, englobant le sociétal et pour une fois, ne pas retenir l’économie. Laisser ce terme en crise.
Cet évènement était mon histoire !

 

Bien à vous
Plip Gouttereau

mardi, 30 septembre 2008

La ruine s'écoule sans écume

la ruine s'écoule sans écume.JPG

En ce matin d’écriture, je suis devant ma solitude et le miroitement m’offre un prétexte ! La surface verticale m’apporte quelques informations sur un état d’esprit ! Je regarde cette barbe naissante, cette verdure florissante. Elle couvre mon épiderme, exhibant ainsi un visage épuisé. Les ans accumulés s’intègrent parfaitement dans le décor de la pièce d’eau.
Les accessoires, usés par tant de frottements pendouillent… Un peu insurgés, comme en 1917, à l’Est, une mer noire, et tant de naufrages… Les récits historiques emprisonnent l’idéal. Maudite période, l’Europe pleurait de faim, l’Asie sortait sa torpeur, les aciéries forgeaient le drame. Deming tournait sa roue, nous en étions au développement ! C’était il y a bien longtemps ! Combien d’entre nous s’en souviennent ?
Ce matin je décide de ne pas utiliser les outils de nettoyage et reste un long moment devant mon reflet plat, sans relief, sans sonorité, sans écume… Ma plate existence, approchant de la cinquantaine, se souvient du commencement ! Car en toute chose il y a un commencement, une naissance, un point d’ancrage… Figé à tout jamais.
C’était une nuit, en octobre, en deux mille huit. Une crise boursière gémissait à l’Ouest. Sur le littoral Européen les lamentations automnales gonflaient les pages des éditorialistes faisant par là même fortune aux éditrices, aux fondations économistes ou des assises posées sur les bancs politiciens.
J’étais encore debout, quelques peu essoufflé, lorsqu’une interrogation, venant de nulle part, s’invita.
« Que deviendra l’eau des gouttières lorsque la ruine viendra ? »

Comment répondre ? Avec certitude, professionnalisme, pertinence ? Ma réponse devait-elle être technologique, scientifique, économique, environnementaliste ? Mais le plus important avais-je les outils pour façonner mes propos ? Je devais engager mon introspection… Violant ainsi mes chairs les plus vives, les plus chéries, distendant mes discrétions, libérant des secrets enfouis depuis l’an mille neuf cent quatre vingt trois, sur le pavé parisien, dans des cuillères tordues, mes torpeurs s’y baignaient, citronnant le fluide, un morceau de coton rendait le filtrage plus soyeux  ! Pourtant !!?
Donc j’entrepris de trouver, au-delà du phénomène, à l’extérieur du garage, un raisonnement sensé. J’allais vers un pan de terre puis commença ma besogne.

Sous le jour, les mains nues, j’extirpais d’une masse un terme. J’agissais à ma guise, comme une termite je creusais puis comme tout affamé j’absorbais les déjections, filtrant ainsi la matière résiduelle afin d’y prélever l’élément.
Je comblais un manque, un appétit longtemps inassouvi, inachevé… Je m’enfonçais dans la substance, m’éloignant de la surface sans aucun remord. J’y laissais un havre paisible, un jardinet fleurit, une dalle carrelée, des mouflets indépendants, une compagne belle comme une levée solaire.
Les regrets restaient en surface, immobilisés sur le fil barbelé de l’enclos. Dans l’opacité de mon œuvre de terrassement, ils ne pourraient m’aider ! Ils m’encombreraient… Alors les vêtements en lambeaux, surélevés aux crochets des ronces métalliques, ils desséchaient.
Je raclais la structure, défragmentant la paroi, ratissant, tranchant, écornant dans la nébuleuse ubiquité. Chaque molécule détachée patientait un instant dans l’espace clos, puis j’humais ceux-ci. J’exaltais des naseaux. L’assemblage moléculaire pénétrait en moi puis attaqué par mon acide gastrique les atomes déboutonnaient l’union. Je percevais leur impact sur mes viscères. Elles s’incrustaient dans les failles de mes galeries.
Qu’importe la démence ! Mon action était volontaire, gratuite, sans but… J’errais dans l’amas, absorbé par le magma, jamais brûlé, jamais certain, jamais conquérant… Toujours dessous, bravant l’indomptable. J’extirpais d’une masse un terme, les mains nues, sous le jour.

J’accompagnais pas à pas mon inspiration, qu’importe le chemin, qu’importe la faille, chaque pépite découverte était entreposée le long du tunnel. Je regardais derrière moi, j’entrevoyais les éléments convenants. Fabuleuse récolte. Je remonterais la bourriche garnie. Ce trésor, je ne pourrais le partager.
Œuvrant en solitaire je me souviens avoir entendu les recommandations de mes proches… Chacun prédisant un enfouissement dangereux et puis cette contamination ! Ce sous jour violé par une manifestation ancienne… Les vétérans déféquant habilement avaient organisé les menaces. Installant quelques méfaits, sans hasard ceux-ci attendaient l’imprudent, le non initié, l’immature, le générateur de rature, moi ! Pas après pas elle accompagne mon inspiration.

De plus en plus profond je me confondais avec l’opacité du site. J’approchais du but fixé et le silence devenait de plus en plus tenace. Un doux silence, feutré, adoucisseur. Puis je vis le premier élément, une émeraude, la première. Je ne pue retenir ma sensibilité, une larme dessinait un chemin charmant sur mes joues terreuses. J'effleurais ses formes et jouis comme jamais auparavant ! Un plaisir immense, éjaculateur, incontrôlable… J’avais le premier élément en ma possession… Profondément protégé par une épaisse couverture de terroir, je tenais ce matériau proche de mon cœur. Qu’importe les autres, celui-ci devenait ma raison d’être. Si petit, si solitaire, si nécessaire, atomique et malgré cela immense. J’avais en ma coupelle un atome d’hydrogène. Un trésor somptueux de plus en plus profond.

Poursuivant mon grattage je tombais bientôt sur un autre élément, tout aussi beau, tout aussi agréable à recueillir, lui aussi atomique. Je ne pue retenir une deuxième jouissance. Sous le jour mon éjaculation devenait pur, non souillée, non honteuse… Ce deuxième élément vint illuminer ma raison, et m’invitait à poursuivre ma quête J’avais en ma coupelle un atome d’hydrogène puis un autre d’oxygène, un duo fantastique, dessinant une droite incommensurablement rectiligne. Ho quelle justesse à proximité de ma soif, aux frontières d’un événement majestueux, bien éloignée des royaumes, bien protégée sous une couverture de fondement, je tombais le grattage en poursuivant.

Descendant d’un cran, mes doigts touchaient une forme, un troisième ! Ma main tremblait, mon cerveau ne pouvait tous maîtriser, je n’étais qu’un homme, osant la bravoure, je prélevais ce troisième élément. Aussitôt sans comprendre, sans y réfléchir, sans le souhaiter, je jouis une nouvelle fois, d’une intensité enfantine. Comme si cette jouissance était la première. Je mis ce troisième élément dans la coupelle. Ce dernier perturba la liaison des deux premiers, offrant ainsi un prétexte modificateur ! Une triangulaire prenait forme dans le tréfonds du sous jour. Un assemblage unique, fondateur, énergétique. Le troisième atome d’hydrogène prit union avec chaque atome précédemment prélevé. Des trois atomes une forme moléculaire naissait. Puis un flot surgit du trépas… Projetant mon corps au-delà du sous jour, vers un banc. Je venais de naître, mes doigts d’un cran descendant.

samedi, 27 septembre 2008

Témoin

témoin.JPG

 

A l'orée de l'automne,
Sur un tapis sans pomme.
L’écume essuie ses lames
Et vogue le vague à l’âme

 

 

A l’orée de l’automne être témoin n’est pas chose aisée… Il faut de la patience, de la pertinence et de l’inconscience. Sa vision doit être affutée alertée, sans être alarmée. Puis il faut l’avouer le hasard doit sourire, de l’opportunisme doit surgir, la sélectionner doit intervenir… Choisir est le duo idéal… Cette paire de syllabes, dans la neutralité, dans la transparence, chemine sur une liste. Invocation de lexique, les mots désignés sortent du rang, puis le façonneur les attachent les uns aux autres. « Terminé messieurs les lampistes vous voici devenu une troupe, un groupe et qu’importe la noirceur du lieu… Vous devez éclairer d’un accord commun le tribunal ».

 

Sur un tapis sans pomme, le rondouillard témoin roupille raturant le silence de quelques ronflements. Le ventre distendu dessine dans l’espace une colline instable. Le nombril par moment dévoile son orifice. Le bipède digère la découverte. Il s’est assoupi avec, bloqué par les plis du déjeuné, un témoignage finement acheminé. « J’dirais tous ! Valait pas commencer. » C’était-il dit en mâchouillant une portion de barbaque sanguinolente. La friture avait fini le remplissage viscéral de l’animal de race humaine.

 

L’écume essuie ses lames, épuisée, sans reflet, elle revient du large. Après la besogne l’étale sur les récifs à triste mine… La barbe des minéraux verdit et la sueur perle le long des faces coupantes des éléments. Sur sa pelouse des graviers dispersent une éventuelle menace ! « Vas-tu me cueillir ? » Le témoin est un cueilleur d’instantanés et ses paniers sont pleins d’aliments pouvant chacun déceler une menace.

 

Et vogue le vague à l’âme, ses voiles frappées par le souffle d’un non retour frétillent de la cordelière. Les manilles et autres accessoires marins fracassent le mat ! La chaloupe, d’un roulis à un autre s’éloigne du décor. Son voyage, réduit à quelques pas d’apparence stable, la conduit devant un édifice de fin de parcours… Le témoin après la digestion est debout… Il vérifie la sentence. Puis après avoir validé par une signature, il quitte l’évènement… La rature tombe bien guidée.

Etre témoin n’est pas chose aisée !!?

 

Bien à vous
Plip Gouttereau

mardi, 16 septembre 2008

Barbouillé et inexplicable

Une eau, d’une transparence sans faille et d’une fluidité lucide, s’écoulait de la ceinture du toit et venait combler le creux de ma main. Chaque goutte me fournissait un picotement agréable, une douceur fraîche venant de si loin. L’orage s’était noyé dans le caniveau ses restes s’inséraient dans la terre du jardinet de la demeure familiale. Deux heures de tapage et de brisure, deux heures de rage et maintenant le calme… Les nimbostratus oubliaient les tiges d’un vert olive, ils fonçaient vers l’intérieur.
L’été ?
Foutu été…
Ma mémoire ?
Quel souvenir de cet été de misère ? Quelle image devait-être protégée ? Du superflu ? Peut être un instant… L’orage fut ainsi : inexplicable comme les réflexions qui chuintaient dans l’espace réservé de ma boite crânienne. Malgré toute la précaution que je m’étais en application, le liquide fuyait entre mes doigts et perlaient sur le sol, vivement avalé par la fissure du sol. Rien ne pouvait rester en moi ! Tout s’échappait… Tout sauf l’inconcevable ! Ces multiples formes qui dévoraient mes intimes soies. J’aurais pu rester immobile mais un sifflet me tira de cette posture. Je ne pouvais perdurer dans ce décor, je devais franchir l’inabordable… rejoindre la cuisine par la baie vitrée aux trainées de doigts. Marchant mièvrement d’une flaque à une autre je redevenais enfant, et me souvins des jeux de marelle. Sautillant dans les alvéoles boueuses je parvins dans un état lamentable… Chaussettes, pantalon, polo ! Imbibées, souillé, trempé… Tel un garnement mon costume était dans un pitre état. Qu’importe les que dira t’on ? Ce jour là j’avais retrouvé mes jeunes années oubliant pour un instant le tracas de la vie adulte. Je n’avais plus de femme, plus d’enfant… Libre ! Barbouillé mais incontrôlable. La voisine moqueuse épiait mes gestes, je mis à nu mon corps vieillissant, je savais quel mirait sur mes charmes masculins… Même si tout devenait pâteux avec une absence certaine de muscle, je savais qu’elle aurait bien aimé un moment à deux… Sa solitude rendait plus attrayant mon enveloppe. Deux trois heures auraient été pour elle un enchantement. Je savais que me voyant nu ses yeux n’auraient qu’un seul objectif… Allumer ses souvenirs. Devant la baie j’abandonnai mes vêtements et atteignis la cuisine accompagné par les recommandations de mon épouse… Par moment j’appréciais d’aller au-delà de sa perception des choses… Entrer dans un décor qu’elle ne pouvait concevoir et suivre un scénario dont chaque moment était pour elle une absurdité. Elle ne riait pas, trouvant ridicule mon attitude, irresponsable finissait-elle par évoquer… J’étais irresponsable ! Son état m’amusais, je finissais souvent le repas seul, fatiguée de mon comportement elle préférait quitter la cuisine et fuyait mes jeux.

L’orage était ainsi…

Inexplicable.

 

Plip Gouttereau

dimanche, 31 août 2008

Confusion

 

 confusion.JPGFluide reflet...

Confusion dérivant, enfermant le poudrin.
Ce terroir en couche, et en éducation,
Ce brisant asséché, emporte son quatrain,
Ce mousseux élément s’envole sans mission

 

 

Confusion dérivant, enfermant le poudrin.
Par moment la confusion s’invite. Ce n’est pas qu’elle soit impolie ni même effrontée mais arrive chez vous par un beau matin… Sans bagage, sans vêtement, une nudité limpide, sans artifice vibre sous un voile satiné. Sa féminité s’allonge sur le sofa et, les bras ballants, s’endort. Ce doux visage libère les ondes océaniques aux reflets merveilles. Des courbes d’une rondeur charnelle se dévoilent. L’enfant, que je ne suis plus, cueille quelques rêves, et sous l’abri du taillis, laisse éclater sa joie. La confusion est ainsi… Elle s’endort contre l’édredon aux plumes d’oies.

Ce terroir en couche, et en éducation,
Lorsque le voile de la fenêtre ondule, les pas, sur la dalle, vont et viennent. La froide céramique devient un territoire d’où s’élèvent d’innombrables prétextes. Les conquêtes menacent la planéité de la bâtisse ! Dans l’ignorance, le sofa roupille, sous sa jupe de ressorts, chaque carreau de faïence devient une zone de combats. Mouches, scarabées, fourmis et bon nombres de coléoptères s’affrontent pour la moindre brindille farineuse… 
Lorsque la confusion dévoile ses seins les affamés déraillent et trépassent leurs chimères, percutées par les lames du soleil. La confusion est ainsi… c’est une candide s’offrant à tous pour deux trois piécettes.

Ce brisant asséché, emporte son quatrain,
Sur une estrade, des effluves de craies réveillent l’innocence. En s’étirant cette dernière s’allonge et de la pomme de sa main, caresse un espace garni de particules. Poussières voltant, comme les nimbus au dessus des monts vibrants et aux éboulis marins, d’un mouvement de cil elles se dispersent… Voici qu’apparaît la sphère ! Le globe ! Trois cents soixante degrés de rencontres probables. En ce lieu, la confusion tourne ses pages et les histoires tourbillonnent, les fuseaux roulent vers une dentelle vaporeuse. Lorsque la confusion soulève son voile, sa nudité invite les voluptés du matin.

Ce mousseux élément s’envole sans mission,
Tout redevient calme… Le matin a tordu le coup aux sombres étoiles. Une lutte rotative, affinant la soie. Des vêtements sur un porte-manteau, d’autres, dans l’armoire, Le corps humain cherche protection sous le tissus. Laideur épidermique, boursouflures musculaires, l’homme s’étire, pose un pied sur le dallage de la chambré. Les effluves de caféine l’appel, tel un chien il renifle son chemin. Dans le couloir point de lampadaire ! Tout au plus un caniveau… La cuisine attend ! Dans son peignoir sa compagne pilote le petit déjeunée. Ses seins, aux lourdes promesses, pointe vers un croisant. La boulangerie du coin est fermée, faut faire avec les moyens du moment. La confusion est ainsi… Ephémère comme la mère de l’enfant que j’étais ! Il y a bien longtemps…

 

Qu’un bon matin malin, cueille la confusion,
Alors sous une aube, butine ma raison.

 

Bien à vous
Plip - Gouttereau

 

vendredi, 22 août 2008

Attente insomniaque !!?

attente insomniaque.JPG Ce début d’après midi me transporte en des territoires éteins. Sur des hauteurs sauvages, là où naissaient les conversations fumeuses brûle la roche. Un nuage ensanglanté de flammes, ‘’une étoffe soyeuse couvrant une culture légendaire‘’, s’abat sur le pic. Je ne comprends rien !

On me dit : « Ce sont des trios qui transportent une literie à travers un terroir, gravant les échelons pour joindre le pinacle ». Rien à faire je ne comprends toujours rien ! J’ai beau réfléchir, piocher dans mon jeu aucun élément ne peut m’aider. Je me sens ridicule ! Je n’ose pas avouer mon infortune… Alors je souris.
Cette demi-journée commence plutôt singulièrement ? Par une incompréhension ! La parure que j’emprunte pour une telle circonstance ne convient pas à mon corps… Trop grande, je nage dans le vêtement et deviens la risée de l’attroupement.
Pourrais-je un jour comprendre ?
Je sais bien qu’il existe des choses plus importantes ! Des moments cambrés, des pincées friables, des gestes pondérés. J’ai entendu des sourires charmants, aperçu des éclatantes fossettes, ingurgité des regards vifs… Malgré cela impossible de tous saisir !
Rien à faire, je ne comprends rien. La ferraille entrave mon évolution, mes raisonnements rouillent, les rivets retenant mes acquis ôtent leur chapeau et la demi-sphère roule sur l’estrade. Plusieurs trous restent béats ne pouvant retenir d’avantage… Ma carapace défaille.
Rien n’y fait.
Vide de compréhension, je baisse les bras, m’assoie sur un rondin et observe la fusion s’étendre au-delà de ma perception.
Le sommeil ? Peut être… Je n’y songe pas encore, pourtant !
Epuisé et nullement soulagé, je reprends mon examen. Je dois parvenir à saisir quelques brides… Les plus élémentaires, les plus simples… Celles qui permettent de communiquer normalement.

Sur le chemin, mon ombre reprend ses clopinements. Mes pas s’enfoncent dans la terre en sueur. Ils s’alourdissent. Un poids non évalué ! Je regrette ses étendues planes, ces pages environnementales sans la moindre bosse, ces décors faciles. Je regrette ses rides de glaises sèches. Qui est loin ce haleur ! Ses cordes sur l’épaule, ses cuisses aisément fortunées et ses mains calleuses mais éveillées. Les miennes sont bien douces et tellement ensommeillées ! Pas une plaie ! Pas une ride, ni même une cicatrice… Un épiderme tendre à jamais endormie et mes ongles argentés limés ce matin par une manucure à la blouse gonflée de seins et de ventre rond… Qu’il est loin ce point de départ. Cette odeur dérobée en catimini et conservée dans ma mémoire d’enfant.
Qu’il était bon ce moment de volupté… Je veux crier son prénom mais je dois protéger notre secret… Alors, pour ne pas trahir, je fredonne un couplet dont je conserve la sonorité :

« Micheline !
J’ai tant adoré le réveil de ce matin,
La douceur de nos draps et nos frissons voltant...
Et tes seins généreux, l’havre où rêve ma nef.

Micheline !
Ta matinée réveille l’adorable destin,
Volter bien au dessus de notre couchette…
Dormir en cet havre, ma nef contre tes seins »

Il est des choses bénies où la compréhension transporte mon âme bien loin des récifs talqués par la rude caresse des lois océaniques.
Il en est d’autres… bon nombres, bien sophistiqués que je ne peux saisir ? Le rouge honteux, cette percolation infâme, s’infiltrant dans mes failles, trahissant ma déroute. Lasse de tout cela je me couche sur le flan et attend la sentence… La nuit viendra… Avec ses crocs, ses griffes, ses moustiques et son nettoyage.

La nuit nettoie mes jours.


Bien à vous
Plip – Gouttereau